Interview croisée

Croisee

 

LEUR VISION DU FOOTBALL

INTERVIEW CROISÉE AVEC CÉDRIC MALHOMME ET JIMMY MÉRI


C’est autour d’un café crème que Cedric Malhomme, directeur sportif et Jimmy Méri, coordinateur sportif, ont échangé pour InfoClub Val de France sur leur vision du football et sur son évolution. Entretiens croisés de deux amoureux du ballon rond.

Comment s’est passé votre premier contact en septembre lors de la réunion avec le comité directeur du club ?
-Cédric Malhomme: Ghany, le président m’avait présenté Jimmy et parlé de plusieurs personnes mais concernant Jimmy le feeling a vraiment pris de suite, c’est exactement la personne qu’il fallait au club. Il apporte beaucoup de professionnalisme. Il est doué sur certaines choses que je n’ai pas l’habitude de faire. Nous sommes complémentaires. Nous avons eu tout de suite la connexion. C’était de plus très facile car nous sommes deux personnes très simples.
-Jimmy Méri: Avant ma signature, nous n'avions pas été présentés par la direction du club. J’ai échangé avec Cédric et Ghany lors d'une première reunion club. Puis plus sérieusement mais bien plus tard, toute une après-midi dans un fast-food dans la zone du clos du chêne à Montevrain sur le rôle qui serait le mien, le notre au club et sur notre philosophie du foot. Cedric voulait mettre en place quelque chose pour que ça tourne bien. Il y a eu un très bon contact aux premiers abords.

Après cinq mois de belle collaboration, quel regard portez-vous sur le travail de chacun ?
-CM: Je ne souhaitais pas prendre trop de place cette saison... je voulais prendre le temps de l'observation. Mais le Président a souhaité que j'accélère les choses au niveau du sportif alors nous avons essayé de balayer pas mal de sujet et j'ai tenté de répartir les rôles. Jimmy a été omniprésent en ce début de saison sur l'aspect administratif mais il est également un très bon éducateur et bon dans les analyses footbalistique.. Alors nous avons ensemble et tout de suite pensé à l'intégrer à mon projet de formation. Je n'ai pas eu de mal à le convaincre de me rejoindre pour encadrer, et pour diriger le secteur sportif. Depuis le 15 janvier il est le tout nouveau coordinateur technique du VFF. Son rôle sera de coordonner les actions techniques du club envers nos jeunes sous mon contrôle. Je vais monter des réunions par rapport à ses analyses aussi. Sur le plan des options, on discutera beaucoup et on essayera de faire les meilleurs choix ensemble et avec l'accord du club bien sur, même si j’assume ma part de responsabilité au final.
-JM: Ce poste est tout nouveau pour moi j'ai toujours été un homme de terrain et j'aime coacher, animer, diriger... . Il est vrai que j'avais déjà fort à faire avec la partie administrative du club depuis septembre ainsi que mes deux équipes de jeunes à encadrer. Mais l'envie de travailler avec Cedric sur un plan de formation et de prendre en charge la coordination technique est une expérience très enrichissante et une belle occasion pour moi à saisir. Je vais pouvoir décortiquer l'aspect global de la formation de club que je ne connaissais pas trop. On pense connaître un peu le football mais il faut être dans le rôle pour mieux le comprendre.

S'occuper d'un club demande-t-il beaucoup d'investissement? Dans ses choix, son discours, son implication..
-CM: Énormément, au quotidien nous sommes toujours dans l'action, la réflexion, l'analyse, la gestion, l'anticipation, après il faut savoir se remettre en question, c’est important. Il faut avoir des convictions mais pas trop de certitudes sinon on peut se tromper. Chaque choix doit être mûrement réfléchit. Enfin tout cela nous donne envie d’aller de l’avant et de montrer qu’on peut faire grandir les choses et le club.
-JM: Oui, d'abord en tant que salarié du Val de France, j'ai cette obligation vis à vis de mon employeur de tout donner pour aider le développement du club. Aussi, reconnaissons que le tissu associatif réclame "plus de tout" de la part de l'individu qui s'investit. En bref, je pense qu'on occupe plusieurs fonctions mais c'est bel et bien la beauté de cet univers. Ensuite, mon rôle impose de faire des choix afin d'être à la hauteur de la prestation que nous vendons aux licenciés. Ça suppose en effet, une réflexion en amont mais aussi la capacité de rebondir s'il le faut. À ce jour, je suis satisfait du nombre de licenciés, de l'évolution de notre structure, du niveau de pratique et des efforts de tous. Mais je reste également  prudent car je réalise ô combien tout n'est pas parfait et que nous avons encore beaucoup à réaliser. C'est pourquoi, je demande l'effort de chacun (dirigeants, salariés, éducateurs et nos licenciés) en vue d'atteindre les objectifs sportifs fixés en début de saison et honorer nos valeurs. Enfin, si nous gardons à l'esprit l'avancée du club depuis sa création en 2002, force est de constater qu'un beau travail a déjà été entrepris. À nous, acteurs d'aujourd'hui, d'optimiser nos objectifs, d'améliorer la qualité de l'encadrement, la communication interne et externe et d'être force de propositions. L'implication doit être totale, les choix et le discours aussi ! Pour conclure, je terminerai avec cette citation d'un ami : "même dans l'amateurisme il y a du professionnalisme" ! Je crois qu'elle résume très bien toute ma pensée !

Au cours de votre parcours de joueur, avez-vous toujours pensé à devenir coach ?
-CM: Toujours ! J'ai commencé à être entraîneur a l'âge de 18 ans et à passer mes diplômes très vite. Mais j'ai toujours fait en sorte de jouer en même temps. J’ai très tôt été attiré par ces deux postes. J’ai eu des formateurs très pédagogues qui m’ont donné envie d’entraîner quand j’étais joueur, j’allais dans le bureau des entraîneurs pour apprendre des tactiques pour prendre de notes pour échanger aussi. J’ai toujours pris du plaisir au deux. C'est à partir de ce moment-là que j'ai toujours su que je serais entraîneur et aujourd'hui j’ai même de grosses responsabilités techniques dans un club de football.
-JM: J'ai connu diverses expériences en tant que joueur (à sarcelles, à Paris 19e, en Finlande, etc.) mais j'ai très rapidement opté pour le coaching. J'ai entraîné rapidement aussi du coup je ne pouvais plus m'entraîner et j'ai du raccrocher les crampons. À choisir entre jouer ou "entraîner" le choix pour moi était vite fait sans hésitation. À la différence de Cedric, j'avais une vrai préférence entre ces deux passions. Je préférais le banc au terrain. Mais je participe aux séances avec mes joueurs (rires). J'aime et je prends beaucoup de plaisir à taper le ballon avec eux mais entraîner c'est devenu mon idéal, ma vie, mon job.

Cédric, tu joues au football depuis tes dix ans. Quelle différence y a t-il entre tes années et aujourd’hui ?
-CM : À l’époque, il y avait plus de qualités techniques. Aujourd’hui, les qualités physiques sont plus importantes. Ensuite les clubs sont plus structurés et les éducateurs ont  tous des diplômes. Avant, les joueurs venaient à l'entraînement avec plaisir et n'aurait manqué une séance pour rien au monde. Aujourd'hui j'ai le sentiment que le football est devenu de la consommation. Si il pleut, si il fait froid, certains préfèrent rester devant la PlayStation... Alors, si on ne veut pas que nos jeunes soient des consommateurs, il faut les éduquer, les occuper...


Vous avez un point commun tout les deux, c’est votre attachement à la formation. En quoi la réussite d’un club passe aussi par une bonne formation chez les jeunes ?
-CM: dans un club de très haut niveau, Il faut je pense un entraîneur seniors qui donne sa chance aux jeunes si ils ont de la qualité. La formation existera s’il y a une politique de club avec un plan de formation, des planifications annuelles d'entraînement par cycle et un vrai suivi de groupe et des éducateurs motivé pour former.
-JM: À l’heure actuel, c’est compliqué car nos équipes ne sont pas à un haut niveau. Nous essayerons de le faire mais pour le moment c’est encore difficile car ils n’ont pas une formation assez rigoureuse, le niveau s’en ressent. Il faudra mettre une politique en place et faire monter rapidement nos jeunes.
-CM: Ce sujet est vaste mais je vais être radical c'est difficile car il faut savoir se donner les moyens. Aujourd’hui, les mentalités des jeunes ont changé. Ils sont souvent usés par le football. Les jeunes sont effrontés et n’ont pas peur de l’autorité. Ce n’est pas un constat alarmiste mais aujourd’hui, nos jeunes veulent tout et tout de suite.

Petite question pour finir. Vous êtes deux adeptes du tennis-ballon. Mais qui est le meilleur ?
-CM: Si nous regardons les stats je pense que… Bon Jimmy, les résultats sont en ma faveur…
-JM: Il y a deux façons d’analyser un résultat. Il y a la qualité du jeu et le résultat en lui même. Dans l’efficacité du jeu, dans la prise de risque, il y a plus de qualité de mon côté... Faut le reconnaître.
-CM: On m’a toujours dis que le
« football spectaculaire » était un football offensif. Pratiquant un football offensif, je m’étonne de la réaction de mon ami Jimmy… (Rires)

Propos recueillis par Info#Val#de#France#Football


 

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